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Le climat

  • 1 - Qu'est-ce qui se passera si nous n'essayons pas d'arrêter le réchauffement climatique ?

    Le climat
    Il est difficile de répondre directement. Je peux répondre à la question suivante plus facilement : quelles sont les conséquences possibles du réchauffement climatique ?

    Les scientifiques ont réalisés différents scénarii pour imaginer ce qui pourrait se passer si la température augmente de 1° de 2° ou de plus de 3° d'ici à l'année 2100. Plus l'augmentation des températures est forte plus les conséquences sont importantes. En France on aurait une augmentation des températures moyennes, des périodes de sécheresses plus longues et plus fréquentes et, dans les cas extrèmes ,certaines zones cotières recouvertes par l'eau et aussi des évènements climatiques violents, comme des tempêtes, plus fréquents.

    Mais il faut faire attention, cela ne veut pas dire que la France se transformera en désert, que tous les été nous auront de la sécheresse et que le pays sera balayé par les tempêtes du jour au lendemain. Ce sont des hypothèses de travail que les scientifiques affinent tous les jours en fonction des informations qu'ils reçoivent.

    Nous avons encore possibilité de minimiser le réchauffement en changeant nos habitudes de consommation, la manière dont nous utilisons les transports, en utilisant des énergies renouvelables (éolien, solaire par exemple) etc ...

    Ecole publique Le Croisty,
    Jeudi 30 décembre 2010

  • 2 - On connaît déjà les effets du réchauffement planétaire par rapport aux ours polaires, mais qu'arriverait-il aux autres animaux arctiques, comme les phoques, si les changements climatiques continuent ?

    Le climat

    Malheureusement de nombreuses espèces vont être touchées. Les conséquences du changement climatique en Arctique vont affecter l’ensemble des écosystèmes. Les espèces vont devoir s’adapter à un nouvel environnement. La banquise est le terrain de chasse et de mise bas de nombreuses espèces comme les phoques, les morses…, sa disparition entrainera des pertes d’individus. Prenons le cas du plancton qui se développe sous la banquise, s’il vient à disparaître c’est l’ensemble de la chaîne alimentaire qui en dépend, qui sera perturbée. Les animaux à fort pelages vont aussi souffrir de cette hausse de température.

    Voilà quelques exemples, mais cet environnement est en mutation et nous ne pouvons pas prédire l’ensemble des conséquences.

    Ecole Lisgar Collegiate Institute Ottawa, Ontario, Canada,
    Avril 2010
  • 3 - Est-on sûr du réchauffement planétaire ? Quelles en sont les preuves actuelles ?

    Le climat
    Oui, si il y a une certitude, c’est bien celle là : notre planète se réchauffe! Ces dernières années on parle bien souvent du « réchauffement global » en effet et l’on sous-entend en général celui d’origine « anthropique » (induit par l’Homme).

    Mais il existe aussi une part d’origine naturelle dont on parle moins souvent. Cette dernière provient entre autre des « oscillations glaciaires » ; sans trop détailler, celles-ci ont pour origine la variation de l’orbite terrestre selon des cycles de plusieurs dizaines de milliers d’années (induite par les attractions complexes du soleil et autres planètes du système solaire). Se succèdent ainsi « périodes glaciaires » (plus froides) et interglaciaires (plus chaudes) comme en ce moment. D’autres raisons au réchauffement d’origine naturel peuvent être avancées tel le cycle de l’activité solaire (éruptions solaires) ou de phénomènes ponctuels terrestres (comme les éruptions volcaniques).

    Mais ce que l’on constate surtout présentement et que le « GIEC » (Groupe Intergouvernemental d’experts sur l’Evolution du Climat) a mis en évidence ces dernières années est qu’une bonne part du « réchauffement global » serait d’origine anthropique et serait assez alarmant du fait de sa rapidité sur une échelle de temps climatique très réduite ! On ne sait toujours pas en revanche quantifier précisément cette part d’origine anthropique.

    On constate ainsi que les taux de gaz à effet de serre (GES) présents dans l’atmosphère n’ont jamais été aussi importants qu’aujourd’hui: par exemple pour le CO2 où des carottages glaciaires en Antarctique ont montré que ce dernier a augmenté très rapidement depuis 1750 alors qu’il était resté très stable à l’occasion des centaines de milliers d’années précédentes (quand on sait que les ¾ des émissions de CO2 des 20 dernières années sont dues à la combustion de charbon pétrole et gaz...).

    De même, les données récoltées par les stations météorologiques ont permis de mettre en avant une augmentation de la température globale de surface de l’ordre d’un demi degré depuis 1860 environ ; ce qui peut paraitre peu sur un thermomètre en effet, mais qui représente beaucoup à l’échelle de la planète.

    Au delà de la notion de « réchauffement global », bien que manifeste, il me semble peut-être plus approprié de parler de « changements climatiques » ; en effet on constate le refroidissement localement de certaines parties du globe, des altérations des saisons plus ou moins longues et marquées qu’auparavant ; des phénomènes météorologiques soudains et spectaculaires (qui en sont peut être une conséquence) ; ...

     

    Lycée,
    Février 2010

     


Le bateau

  • 4 - Pourquoi le bateau s'appelle-t-il TARA ?

    Le bateau
    Dans la famille d'Etienne Bourgois, à qui appartient le bateau, il est de tradition d'appeler les bateaux par ce nom. Ainsi celui-ci est le 5 ou 6ème à le porter. L'origine vient du célèbre roman de Margaret Mitchell "Autant en emporte le vent". Dans celui-ci la demeure de la famille O'hara s'appelle Tara, c'est le lieu ou l'on revient toujours. O'hara est un nom irlandais et probablement Tara évoque la capitale mythique de l'Irlande.

    Ecole publique Le Croisty,
    Jeudi 30 décembre 2010

  • 5 - Pourquoi n'avez-vous pas utilisé du matériel écologique pour construire le bateau ?

    Le bateau
    La goélette Tara a été construit en 1989, il y a 21 ans, dans l'idée de faire la dérive Arctique. Il fallait donc choisir un matériau qui puisse résister à la pression de la glace, tout en restant assez léger, c'est donc l'aluminium qui a été sélectionné.

    L'aluminium demande beaucoup d'énergie pour être extrait mais c'est un matériau qui se recycle très facilement et presque indéfiniment ! Et puis Tara est un bateau qui est très bien entretenu par son équipage, donc on espère qu'il va encore naviguer pendant longtemps !


    Baptiste,
    Jeudi 27 mai

  • 6 - Comment fonctionne le système de ventilation solaire ? Le système a-t-il un gros impact sur la quantité d'énergie consommée sur le bateau ?

    Le bateau

    Chaque cabine et pièces de vie peuvent être aérées au moyen de « hublots » qui donnent sur le pont du bateau. Afin d’accentuer la circulation de l’air, on met en place un système dit de « bonne sœur » qui permet de « diriger » l’air vers les cabines. Quand il n’y a pas de vent, il va falloir avoir recours à des ventilateurs. Ils fonctionneront à l’électricité ; mais nous avons trouvé un système de ventilateur solaire qui va pouvoir être installé dans certains endroits du bateau. Ce système est complètement autonome en énergie.


    Son fonctionnement :

    L’énergie solaire (en magasinée par le module solaire monocristallin) couplée à sa batterie rechargeable lui permettent de fonctionner en toute autonomie 24 heures / 24 heures, il renouvelle l'air du local quelle que soit la saison. Ce système est très silencieux.

    En revanche, les laboratoires dédiés à la science à bord devront être refroidis au moyen de climatiseurs car les instruments qui s’y trouvent sont très fragiles et ont besoin d’être maintenus à des températures constantes.

    Si l’on calcule la demande énergétique globale de Tara, nous approchons les 15 000 Watts/heure ou 15 KW/heure.

    A travers ces chiffres il est clair que le système de ventilation solaire n’a pas un gros impact en termes d’économie d’énergie sur la quantité globale consommée sur le bateau. Mais nous cherchons toujours à diminuer notre consommation, donc parfois cela passe par la mise en place de système insignifiant, mais qui au final évite quand même la consommation de quelques watts supplémentaires.

    Il en est de même pour l’éclairage du bateau qui se fait au moyen de leds, ce qui permet d’avoir une très basse consommation pour l’éclairage. Une led ne consomme que 0,1 Watt.

    Seules les veilleuses des cabines sont équipées en ampoule à gaz, basse consommation. Cela représente un investissement financier important pour l’expédition, mais les économies d’énergie réalisées sont très importantes.

    On constate que c’est les besoins propres de l’expédition, la science et la navigation qui font monter la demande en énergie.

    Cette demande ne correspond pas à l’énergie qui sera effectivement consommée car cette demande ne sera pas constante et correspondra aux activités en cours à bord : fonctionnement du treuil, activités des laboratoires, montage de films, préparations de repas. Pour une équipe de 15 personnes à bord, un Taranaute consommera donc en moyenne 1 KWatt/heures pour mener à bien le Programme Tara Oceans, ce qui équivaut à une consommation annuel de 8 770 KWatts.

    Pour aller plus loin consulter la fiche thématique L’énergie à bord.

     

    Ecole Lisgar Collegiate Institute Ottawa, Ontario, Canada,
    Avril 2010

  • 7 - Pensez-vous que la goélette tiendra le coup 3 ans ?

    Le bateau

    J’espère bien ! Si on a passé près de 6 mois à retaper, réaménager et modifier Tara en chantier, c’était bien dans ce but ! On a pu ainsi inspecter l’état de la coque dans les moindres détails, réparer si nécessaire, mais aussi envoyer en révision certaines parties du navire tel le treuil océanographique, et enfin se doter de nouveaux équipements tels les groupes électrogènes ou les « boxcooling ».

    Quant aux moteurs, ils ont l’âge du navire, soit 20ans (que nous avons fêté l’été dernier !) et nécessitent donc une attention toute particulière afin de les ménager ; cela fait partie des tâches du « chef mécanicien ».

    C’est aussi pour entretenir Tara comme il faut que nous faisons en fin de chaque année d’expédition 1mois et demi à 2 mois de chantier; cette année se sera dans la ville du Cap en Afrique du Sud.

     

    Ecole,
    Février 2010
  • 8 - Que signifie le mot TARA ?

    Le bateau

    Ça c’est la question « joker » parcequ’en général en réponse à celle-ci on a droit à 50 versions différentes !

    Parce que Tara est beaucoup de choses, de la déesse bouddhiste à la ville mythique d’Irlande... Et tout comme vous, cette question m’intriguant aussi, j’ai fini par la poser directement à Agnès à Lorient (comme ça on est fixé !)

    Le bateau a été ainsi nommé car par tradition, tous les précédents voiliers ayant appartenus à la famille « Bourgois » ont été appelés ainsi ; en fait le « Tara » que vous connaissez est le 5ème du nom !

    Ensuite, l’origine du nom est a priori à attribuer à un grand classique du cinéma : « Autant en emporte le vent ! » où « Tara » est une maison, la demeure, l’endroit où l’on se sent chez soi et où l’on retourne sans cesse à travers le temps...

    Voilà ce qu’est Tara...

     

    Collège,
    Février 2010

     

  • 9 - Votre bateau est-t-il traité à l'antifouling qui respecte la biodiversité ?

    Le bateau
    L’antifouling est malheureusement par définition un revêtement assez polluant que l’on étale sur les coques des navires afin de les protéger (des chocs, de la corrosion, ou du développement des coquillages et algues qui ralentissent et alourdissent le bateau).

    Depuis quelques années on commence à voir arriver sur le marché des nouveaux produits dits « bio » que nous avons bien entendu pensé utiliser. Malheureusement ceux-ci sont encore trop chers et nécessitent d’être réappliqué sur les coques trop souvent.

     

    Lycée,
    Février 2010

     


La vie à bord

  • 10 - Combien de temps dormez-vous la nuit ?

    La vie à bord

    Ah ! Voilà une question à laquelle je peux répondre ! La nuit, je dors en plusieurs fois, car je dois rester éveillée de 2h à 4h du matin pour surveiller le bateau. On dit que je suis « de quart ». puis je vais me recoucher à 4h. Je me relève à 7h pour le petit déjeuner ou parce que je veux suivre ce qui se passe à bord, le travail des scientifiques. Je retourne faire une bonne sieste après le déjeuner. Les deux premiers jours, nous avons tous beaucoup dormi car il faut le temps de s’habituer aux mouvements du bateau et avec la tempête, nous étions tous un peu fatigués. Certains ont eu le mal de mer, mais personne n’a été très malade.


    Réponse récoltée par Catherine Chabaud à bord de Tara entre Savannah(USA) et New-York(USA) pour les CE2/CM1 de l'école Saint-Louis de Bécon-les-Granits dans le Maine-et-Loire.

     

     

  • 11 - Quelle est la taille de leur espace de vie à bord ?

    La vie à bord
    L'espace à bord de ce bateau est compté. Il y a très peu d'espace individuel à bord. chacun a une couchette et de quoi ranger ses affaires. Il y a ensuite des espaces collectifs pour travailler ou manger et c'est tout. Le reste est utilisé pour les équipements, les voiles, le laboratoire, le matériel, le stockage des échantillons...

    Ecole publique Le Croisty,
    Jeudi 30 décembre 2010
  • 12 - Vous nourrissez-vous aussi de la pêche à bord? Comment vous ravitaillez-vous ?

    La vie à bord
    Non, nous ne péchons que très occasionnellement. Certaines zones que nous traversons sont quasiment vide de poisson et nous ne pouvons pas vraiment compter sur la pêche pour nous nourrir. Les ravitaillements se font aux différentes escales où nous achetons des produits frais pour aller jusqu'à l'étape suivante.

    Ecole publique Le Croisty,
    Jeudi 30 décembre 2010
  • 13 - Mangez-vous du poisson frais pêché par vos soins et en général que mangez-vous ?

    La vie à bord

    Ca c’est en effet un de nos petits plaisirs du bord... pêcher ! On fabrique nos propres lignes de pêches (fil de nylon, hameçon et leurre appropriés en fonction du type de poisson recherché) et on met généralement 2 lignes trainantes de quelques dizaines de mètres sur l’arrière du navire en route. Après ça mord ou ça mord pas en fonction des zones traversées. Un de temps en temps (qui dans ce cas là est préparé tout de suite pour le repas) et parfois de belles surprises comme en mer d’Oman où nous en avons pêchés 5 à 6 en 48h ; pas le choix là il faut congeler et ça fait du boulot pour notre chef cuisinier ! On pêche généralement du thon, parfois du barracuda, une fois presque une carangue et un joli « sabre » que j’ai remis à l’eau après l’avoir involontairement attrapé en remontant la ligne pour la ranger ! Et puis je me souviens non sans émotion de la dégustation d’un sashimi de thon fraichement pêché peu avant notre arrivée à Djibouti, accompagné de soja sauce et de wasabi ; un vrai délice...

    Sans cela, il faut dire que nous sommes gâtés sur Tara et mangeons particulièrement bien. Nous avons notre propre cuisinier à bord et qu’il s’appelle Marion, Shirley ou Julien, chacun son style et toujours bon pour autant, sans parler des plats qu’ils réussissent à varier en permanence malgré 2 repas par jour durant plusieurs mois ; chapeau bas les cordons bleus ! Un bémol cependant (et comme souvent) on mange bien, mais surement trop du coup...

    Au final on mange plutôt « comme chez vous » aux différences près que nous avons des produits bios embarqués (« miam » la compote de pomme bio !) et des produits frais (fruits, légumes, yaourts) qui commencent à se raréfier à mesure que nos périodes de navigation sans toucher terre augmentent ; le cuisinier essaye par ailleurs de privilégier les produits locaux à l’occasion des avitaillements aux escales.
    Enfin nous fabriquons notre propre pain.


    Ecole,
    Février 2010
  • 14 - Comment se passe votre vie au quotidien à bord du bateau ?

    La vie à bord

    Pour le marin, une journée à bord « classique » commence à 8h par la réunion de travail après le petit déjeuner. Après le travail, suite au déjeuner (12h30) on peut en général faire une sieste d’1h et demi s’il n’y a pas d’urgence pour le travail. On reprend ensuite le travail jusqu’au diner à 19h30. Vient s’ajouter à cela la tâche ménagère quotidienne (ménage, service ou vaisselle) et le quart en passerelle. L’un d’entre nous fait le quart en début d’après-midi lorsque les autres font la sieste et la nuit nous avons à tour de rôle les quarts de 20h-00h, 00h-04h et 04h-08h.

    Mais la journée ce peut être aussi des manœuvres à la voile (mobilisant tout le monde sur le pont) ou une station océano’ (environ tous les 3 jours). Dans ce dernier cas la journée commence à 8h pour se finir à 00h (2h parfois!)

    Enfin, il arrive que l’on travaille un peu moins certains dimanches pour se reposer

    Quant au temps des escales, c’est toujours un peu particulier puisque cela change en permanence ; on a en premier lieu les démarches administratives à passer avec les autorités portuaires (affaires maritimes, sanitaires, douanes) puis en général arrive le temps des visites : les journalistes à bord à qui on fait faire le tour du navire, puis des écoles étrangères ou françaises, et enfin d’officiels du gouvernement ou de l’ambassade de France. Il nous arrive d’être invité ailleurs pour manger ou faire des exposés (universités). Le temps de l’escale c’est aussi le temps de l’avitaillement en nourriture (chaines humaines pour tout embarquer et ranger), du soutage du gas-oil, de l’arrivée des commandes des pièces « machine », etc... et bien entendu des nouveaux arrivants à qui il faut passer le relais et aider à s’installer.

    Bref, nous sommes toujours bien occupés...

     

    Collège,
    Février 2010

     

  • 15 - En ce qui concerne la gestion des eaux usées, que faites-vous pour assurer un impact minimum sur la pollution des océans et de l'environnement?

    La vie à bord

    Tara est directement en contact avec la mer, un milieu naturel fragile.

    A bord, pas de raccordement « au tout à l’égout » comme en Europe. Il est donc important de rendre les bonnes mesures afin de ne pas polluer par le rejet des eaux usées ! Les différents types d’eaux « sales » à bord Il faut de distinguer les différents types d’eaux « sales » produites à bord car en fonction de leurs propriétés, le bon geste pour le respect de la mer n’est pas le même !

    A bord, comme à la maison, on produit des eaux grises et des eaux noires.

    - Les eaux grises sont toutes les eaux de nettoyage, de vaisselle, de lessive…mais aussi les eaux provenant de notre toilette, de nos douches, des shampoings. Elles contiennent un peu de matières organiques, mais surtout les savons et les détergents que l’on utilise.

    - Les eaux noires sont les eaux des WCs.

    - A bord, on produit aussi ce qu’on appelle des eaux de cale. Ce sont les eaux pompées dans les cales du bateau, en particulier, dans les espaces moteurs. Là, l’eau de mer se mélange avec les hydrocarbures et les huiles qui s’accumulent dans les fonds. A cause de cela, on les appelle aussi les eaux « grasses ».

    Ce sont trois différents types d’eaux usées, il faut donc les traiter chacune de manière adéquate afin de ne pas les rejeter en polluant la mer.

    Les eaux grises

    On a vu que les eaux grises sont toutes les eaux liées au ménage, aux lavages domestiques et à la toilette. Même si cela peut sembler moins « sale » que les eaux noires, elles peuvent poser un problème plus sérieux : le rejet dans l’environnement des savons et détergents qu’elles contiennent ! Aujourd’hui, la plupart des produits d’hygiène et de nettoyage sont fabriqués à partir de produits chimiques. Le rejet des eaux grises pose donc un problème réel de pollution chimique.

    Ce type de pollution peut avoir un impact important pour l’environnement, comme pour la santé humaine. Ce n’est pas toujours bon de boire un bon bol d’eau de vaisselle ! Surtout si on doit en boire tous les jours !

    A bord de Tara, la lessive, les produits vaisselle et de nettoyage, les produits pour la douche, les shampoings, même les produits pour le nettoyage du bateau et son entretien, du pont aux espaces machines sont des produits naturels à base de végétaux, aussi efficaces que les produits chimiques.

    On va donc pouvoir rejeter nos eaux grises en mer sans polluer. Cependant, au port, au mouillage, près des côtes ou dans une zone écologiquement fragile, ces eaux seront stockées dans un réservoir de 300 litres, puis dans le réservoir à eaux noires de 1 500 litres, si ce premier est plein. On pourra ensuite les rejeter progressivement au large comme pour les eaux noires.

    Les eaux noires

    Les eaux noires contiennent de l’eau de mer utilisée par le système de WCs du bord…et des matières organiques ! C’est naturel mais c’est un peu sale quand même !

    En grande quantité et près des côtes, cela peut poser des problèmes :

    — une eutrophisation de l’eau – c’est par exemple ce qui se passe avec les marées vertes dues aux nitrates, quand des nutriments font proliférer une espèce d’algue qui va consommer toute l’oxygène de la colonne d’eau au détriment du reste de la faune et de la flore,

    — une pollution de type sanitaire – ces eaux peuvent en effet contenir des germes et des maladies,

    — une pollution visuelle et mal odorante…

    Il faut donc éviter ces rejets dans les zones confinées, comme le port ou certains mouillages, près des zones écologiquement sensibles et des zones de baignades. Sinon, cela enrichit un peu trop la faune et la flore !

    La réglementation

    La réglementation internationale interdit les rejets d’eaux noires pour les bateaux transportant plus de 15 personnes et navigant à plus de 12 miles marins de côtes, sauf :

    — Si elles sont broyées et désinfectées, il est alors possible de les rejeter au-delà de 3 miles des côtes,

    — Si elles sont traitées par un système de traitement embarqué, il est alors possible de les rejeter quelque soit le lieu.

    A bord de Tara, il y a un système de broyage des eaux noires, mais pas de système de désinfection. Si l’on est à moins de 12 miles des côtes, elles sont rejetées en mer sans poser problème.

    Si on navigue à moins de 12 milles des côtes, que le bateau est au port ou au mouillage, les eaux noires sont stockées dans un réservoir pouvant contenir jusqu’à 3 000 litres.

    Les eaux noires seront rejetées au large par la suite en navigation et de manière progressive pour ne constituer aucune pollution pour l’environnement de part leur concentration.

    Les eaux de cales

    Les eaux de cale des bateaux sont les eaux que l’on retrouve au fond des cales ! Il y a toujours un peu d’eau de mer à rentrer dans un bateau au niveau des espaces machines.

    Cette eau se mélange avec les hydrocarbures et les huiles qui sont présentes autour des machines, comme autour d’un moteur de voiture.

    Un système de pompe permet de récupérer ces eaux « grasses » et de les stocker dans un réservoir qui peut contenir jusqu’à 1500 litres. Le rejet de ces eaux contenant des hydrocarbures est règlementé par le droit international.

    Nous les vidons arrivés au port dans des containers prévus à cet effet, quand les infrastructures sont en place.

    Pour aller plus loin consulter la fiche thématique Le cycle de l’eau à bord.

     

    Ecole Lisgar Collegiate Institute Ottawa, Ontario, Canada,
    Avril 2010


  • 16 - Comment faites-vous pour vous laver et aller aux toilettes à bord ?

    La vie à bord

    Nous avons 2 douches sur le navire; toutes 2 sont alimentées en eau douce que nous produisons à bord via l’osmoseur. Dans la mesure où nous vivons sur la réserve contenue dans notre cuve d’eau produite, nous essayons d’une manière générale de ne pas consommer trop d’eau que cela soit pour la douche, la vaisselle ou le nettoyage des matériels. Par ailleurs nous nous lavons avec un savon biodégradable.

    Pour les toilettes, nous en avons 2 et c’est comme chez vous ! à la différence près qu’ils sont alimentés en eau de mer (évitant le gaspillage !) et qu’ils fonctionnent électriquement : ce sont des « broyeurs » ; une hélice qui tourne très vite. Du fait nous évitons de jeter du papier dedans. Et puis au lieu de partir au « tout à l’égout », cela ira soit dans une caisse du bord ou à la mer en fonction de la distance qui nous sépare des côtes (suivant la « Marpol », la réglementation sur le contrôle de la pollution maritime).

    Enfin, comme les toilettes sont un peu « capricieuses », ils se bouchent parfois et donnent l’occasion de manip’ assez laborieuses comme vous pouvez l’imaginer ! C’est aussi ça le travail du bord.


    Ecole,
    Février 2010
  • 17 - J’aimerai savoir si il y a quelqu'un qui reste éveillé la nuit.

    La vie à bord

    Sur un bateau, nous fonctionnons avec des quarts de veille. C'est à dire qu'il y a toujours quelqu'un d'éveillé sur le bateau. Nous faisons des roulements.

    En mer, les équipiers de quart veillent à la bonne navigation du navire et à la sécurité à bord.
    Au port, les équipiers de quart veillent seulement à la sécurité du navire, ils font des rondes dans le bateau pour prévenir des risques d'incendie et sur le pont pour vérifier les amarres et que personne ne monte à bord.


    Thimothée,
    Mars 2010
  • 18 - A quelle heure vous levez-vous le matin? Est-ce que vous mangez ensemble ou par équipe?

    La vie à bord
    Le réveil s'effectue entre 6h30 et 7h, sauf pour les équipiers de quart. Le petit déjeuner est le seul repas où nous ne sommes pas forcément tous ensemble. Le midi et le soir nous essayons de manger en même temps, mais nous ne sommes pas toujours tous autour de la table, certains préfèrent manger dehors sur le pont alors que d'autres restent dans le carré.

    Timothée,
    Mars 2010

  • 19 - Est-ce-que le capitaine reste à la barre la nuit ?Est-ce-que le capitaine reste à la barre la nuit ?

    La vie à bord
    Le capitaine prend souvent son quart avec un autre membre d'équipage tôt le matin vers 5h, ensuite il reste à la barre une bonne partie de la journée.

    Timothée,
    Mars 2010

  • 20 - Quelle est l'ambiance entre les membres de l'équipe sur le bateau ?

    La vie à bord

    C’est une alchimie un peu mystérieuse il est vrai que ce mélange de journalistes, scientifiques et marins, de nationalités diverses et variées, vivant 24h/24 ensemble, mais ça marche plutôt bien. Il faut dire que nous sommes tous là par passion a priori et que la plupart d’entre nous mesurons la chance que nous avons de faire partie de ce projet !
    Il arrive qu’il y ait des tensions bien sûr mais dans ce cas on réuni rapidement les personnes concernées, et en discutons ; au final ça ne dure jamais.
    On va dire donc : ambiance studieuse associée à un soupçon de franche rigolade (aux repas !)

     

    Collège,
    Février 2010

La vie océanique

  • 21 - Quel est le taux moyen de phosphates dans les océans/mers du globe ?

    La vie océanique
    Les concentrations de phosphates varient en fonction des masses d'eau qui circulent à différentes profondeurs dans l'océan. Dans les eaux de surface, les concentrations présentent des variations saisonnières importantes en raison de leur absorption par le phytoplancton. Les concentrations dans l'océan varient entre 0 et 2.5 µmoles/L.

    Pour visualiser leurs distributions dans l'océan, vous pouvez consulter aux adresses ci-dessous les distributions verticales et horizontales qui ont été mesurées dans les années 90 lors du programme WOCE (World Ocean Circulation Experiment) auquel j'ai contribué pour les mesures de phosphates, nitrates et silicates dans l'Atlantique Sud et tropical.
    http://www.ewoce.org/gallery/index.html
    http://www.ewoce.org/gallery/A24S_PHSPHT.gif
    et en particulier dans la Manche, sur les côtes françaises et anglaises ?
    Pour les eaux de la Manche occidentale, je vous conseille de consulter les sites des observatoires de Roscoff et Plymouth qui réalisent des mesures depuis de longues années sur les évolutions à long terme des concentrations de phosphates en Manche :
    http://www.sb-roscoff.fr/Somlit/astan1.html
    http://www.westernchannelobservatory.org.uk/l4_nutrients.php

    Marianne,
    Jeudi 27 mai 2010

  • 22 - Pourquoi le plastique, ça fait mourir les poissons ?

    La vie océanique
    Le plastique pollue les mers et les océans. Les poissons en mangent, mais ils ne sont pas capables de le digérer. Les conséquences sont graves, ils peuvent s’étouffer ou alors mourir de faim.

    Ecole Montalembert,
    Jeudi 27 mai 2010

  • 23 - Je voudrais savoir si vous avez vu des requins, si oui, quelles espèces ?

    La vie océanique
    L’équipage de Tara a croisé des requins baleines (Rhincodon typus) à Arta plage à Djibouti. Du mois d'Octobre au mois de Janvier, Djibouti est une zone propice pour l'observation de cette espèce.

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    © Julien Girardot / Fonds Tara

     

    Alexandre,
    Mars 2010

  • 24 - Avez-vous aperçu des mammifères marins ?

    La vie océanique

    Depuis le début de mon embarquement, nous avons la chance de voir régulièrement des dauphins venir jouer quelques temps sur l’étrave du navire ; la magie opère à chaque fois et tout le monde se précipite sur le pont ! Je me souviens plus particulièrement d’un midi, où en pleine mer, nous en avons croisé une bonne centaine d’un coup ; certains faisaient des sauts au large, d’autres jouaient avec le bateau... impressionnant ! Et puis une fois aussi très brièvement « un orque ».

    Outre les mammifères marins, nous avons pu observer parfois quelques albatros au long vol majestueux et très récemment une tortue au milieu de nulle part alors que nous étions arrêtés en station ; elle tournait autour de Tara en se nourrissant des nombreuses « salpes » contenus dans la masse d’eau environnante.

     

    Ecole,
    Février 2010

     

  • 25 - De quelle(s) couleur(s) peuvent être les algues ?

    La vie océanique

    Les algues sont un peu particulières, elles se classent non pas par « genre et espèce », mais par les pigments qu’elles contiennent ; il existe 3 catégories différentes établies en fonction des types de pigments présent dans l’algue :

    - les chlorophycées : contenant des pigments chlorophylliens donnant une couleur « verte »
    - les phéophycées : contenant des pigments chlorophylliens + caroténoïdes (de couleur orange comme le suggère la racine « carotte » !) ; l’ensemble donnant une couleur « brune » à l’algue
    - les rhodophycées : contenant chlorophylle (vert)+phycoérythrine (rouge)+phycocyanine (bleu) ; l’ensemble donnant une couleur « rouge » à l’algue.

    En résumé l’algue est rouge, verte ou brune !

    Pour information, et avant de clôturer la question « algues », une particularité surprenante qui m’avait marqué les concernant est que : bien qu’apparemment très ressemblantes visuellement elles sont en fait très différentes d’une catégorie à l’autre d’un point de vue génétique ; une algue rouge n’a rien à voir, mais alors strictement rien à voir avec une brune. En comparaison à côté, un être humain est beaucoup plus proche d’un champignon qu’une algue rouge d’une brune !!!


    Ecole,
    Février 2010
  • 26 - Avez-vous découvert de nouvelles espèces d'animaux ?

    La vie océanique

    Surement déjà oui, mais il va falloir attendre les compte rendus des laboratoires à qui nous envoyons régulièrement les échantillons avant d’avoir une telle réponse ; ils y travaillent déjà !

     

    Collège,
    Février 2010

     

  • 27 - Est-ce que les animaux de la mer rouge sont en danger ?

    La vie océanique
    C’est une certitude et principalement à cause de la surpêche (la pollution aussi) ; de ce fait des espèces ont déjà commencé à disparaitre, et la taille moyenne de l’ensemble des poissons ne cesse de diminuer !
    Par ailleurs, si vous avez bien compris le lien entre le corail et son écosystème, s’ils viennent à périr les conséquences sur la faune (et flore) n’en seront que plus graves.

    Collège,
    Février 2010

     


Le plancton

  • 28 - Que font-ils des planctons trouvés ?

    Le plancton

    Quand les échantillons d’eau de mer sont remontés à bord, on observe d’abord les micro-organismes contenus dans les échantillons sur le bateau, puis on en congèle une partie et l’autre partie est conservée dans du formol, selon ce que l’on veut en faire. Puis, quand le bateau arrive dans un port, tout est expédié dans des containers par avion, vers les différents laboratoires, qui participent à l’expédition (plusieurs laboratoires en France, Espagne, Etats-Unis). Les résultats de ces analyses sont étudiés par 35 pays.


    Réponse récoltée par Catherine Chabaud à bord de Tara pour les CE2/CM1 de l'école Saint-Louis de Bécon-les-Granits dans le Maine-et-Loire.

  • 29 - Est-ce que des espèces de plancton sont en voie de disparition ?

    Le plancton

    On observe de profondes modifications depuis les années 1930 dans le plancton en Atlantique Nord et cela est sans doute lié aux changements climatiques. Par exemple, des communautés de planctons tropicales, envahissent des zones qu’elles n’occupaient pas auparavant (elles migrent vers le nord de l’Atlantique Nord). Cela modifie toute la chaîne alimentaire.


    Mais on ne parle pas de disparition du plancton. Les formes de vie planctoniques sont extrèmement variées et s'adaptent à toutes sortes de conditions, même les plus exrèmes. Il y a donc vraiment très peu de chance que le plancton disparaisse. Mais bien sur certaines espèces peuvent disparaitre et d'autres prendre leur place.

    Réponse récoltée par Catherine Chabaud à bord de Tara pour les CM1/CM2 de l'école Saint-Louis de Bécon-les-Granits dans le Maine-et-Loire.

  • 30 - Peut-on faire des médicaments avec le plancton ?

    Le plancton

    Oui, depuis déjà quelques années, on extrait des lipides (Molécules qui forment les graisses) à partir du krill (petite crevette planctonique), riches en Oméga3 et avec lesquels on fabrique des compléments alimentaires. On fabrique aussi des cosmétiques à partir du plancton, des crèmes pour la peau. Mais il y a d’autres usages : on peut aussi faire des biocarburants avec du plancton, et certains pétroles ont pour origine des algues planctoniques vivant il y a plusieurs millions d’années.


    Réponse récoltée par Catherine Chabaud à bord de Tara pour les CM1/CM2 de l'école Saint-Louis de Bécon-les-Granits dans le Maine-et-Loire

  • 31 - Avez-vous dernièrement vu du plancton lumineux la nuit ?

    Le plancton

    Oui, la première nuit parce qu’il n’y avait pas de lune et cela est plus facile à voir quand il fait complètement noir. Ce sont de petites algues planctoniques qui produisent cette lumière (appelée bioluminescence), lorsqu’elles sont perturbées à la surface de la mer, par le passage de la coque du bateau par exemple.

    Vous pouvez voir un petit film sur le site Tara expéditions qui explique le phénomène et montre quelques belles images. Cliquez ici et regardez la vidéo du 22 mars 2010

    tara2
    Tara passe dans un bloom lumineux la nuit
    Julien Girardot / Tara expéditions



    Réponse récoltée par Catherine Chabaud à bord de Tara pour les CM1/CM2 de l'école Saint-Louis de Bécon-les-Granits dans le Maine-et-Loire.

  • 32 - Avez-vous trouvé de nouvelles espèces de planctons ?

    Le plancton

    L’expédition Tara est partie depuis près de deux ans et demi. Sur son chemin, le bateau s’est régulièrement arrêté pour prélever de l’eau de mer à des endroits choisis par les scientifiques (A peu près 150 stations). Quand l’eau remonte à bord dans leurs grands tubes, ils commencent un peu à regarder à quoi ressemblent ces micro-organismes, grâce aux microscopes installés sur le bateau, puis ils les mettent dans des congélateurs ou dans du formol. A l’escale suivante, ils sont expédiés par avion dans plusieurs laboratoires. C’est dans les laboratoires que se fait et se fera l’analyse et cela peut prendre beaucoup de temps. Mais les scientifiques me disent que ces premières analyses montrent qu’ils vont sans doute découvrir de nombreuses nouvelles espèces et surtout de nouveaux gènes (mais ça, c’est plus compliqué à expliquer).

     

    Réponse récoltée par Catherine Chabaud à bord de Tara pour les CM1/CM2 de l'école Saint-Louis de Bécon-les-Granits dans le Maine-et-Loire

    En complément, beaucoup de ces espèces sont des virus et des bactéries, elles ne seront pas toutes nommées ou répertoriées, ce serait beaucoup trop long (il y en a des millions). Cela dépendra de l'intérêt qu'elles représentent pour les scientifiques.

  • 33 - Comment s'appellent les sortes de plancton ?

    Le plancton
    Plancton vient du grec planktos, qui signifie « dériver ». Le plancton est un ensemble de petits organismes, on peut distinguer quatre grands types : les virus, les bactéries, les protistes et le zooplancton.

    Ecole Montalembert,
    Jeudi 27 mai 2010

  • 34 - Combien de sortes de plancton y a-t-il dans l'océan ?

    Le plancton

    Par opposition au « necton », le plancton marin regroupe l’ensemble des organismes vivant librement dans l’eau qui se laissent entrainés plus ou moins passivement par les courants. On a tendance ensuite à le séparer en 2 catégories : le plancton animal (zooplancton) du végétal (phytoplancton). C’est en fait plus compliqué puisqu’il existe également du plancton mi-animal mi-végétal (vivant en symbiose). Le plancton regroupe finalement (et par ordre de taille croissante) : virus, bactéries, phytoplancton et zooplancton.

    On a tendance aussi à penser que le plancton n’est que « microscopique » ; mais ce n’est pas toujours le cas puisqu’il existe dans le zooplancton des « macro-organismes gélatineux » tels les salpes et les méduses.

    En prenant tout cela en compte, nous avons aujourd’hui la certitude qu’il existe 200 à 300 000 espèces différentes de plancton (et l’on parle bien d’ « espèce ») mais Colomban de Vargas, un spécialiste en la matière (coordinateur scientifique de l’expédition travaillant à la « station biologique de Roscoff ») estime qu’il pourrait y en avoir peut être jusqu’à 100 000 000 !!! Un des autres objectifs de « Tara Océans »...

     

    Ecole,
    Février 2010

Les coraux

  • 35 - Quelle est la durée de vie des coraux ?

    Les coraux
    La durée de vie des coraux dépasse de loin celle des tortues géantes des Galapagos, vivant plus de 200 ans. Certaines colonies auraient peut-être plusieurs centaines voire plusieurs milliers d'années selon certains experts.

    Ecole Rochopt, Boussy Saint Antoine,
    Mars 2010

  • 36 - Comment font-ils pour se reproduire ?

    Les coraux
    Comme de nombreuses espèces, les organismes adultes aptes à se reproduire sont immobiles. Leur système de reproduction consiste à disperser de jeunes organismes, par exemple grâce aux courants marins ou par l'intervention d'autres espèces.

    Ecole Rochopt, Boussy Saint Antoine,
    Mars 2010

  • 37 - Existe-t-il des coraux dangereux ?

    Les coraux
    NON ! Cependant, il y a un hydrocolar, qui vit dans le même environnement que des coraux, qui est appelé corail du feu. S’il est touché, il peut piquer plus fort qu’une méduse!

    Ecole Rochopt, Boussy Saint Antoine,
    Mars 2010

  • 38 - Existe-t-il d'autres poissons ou animaux marins qui mangent les coraux à part les étoiles de mer géantes?

    Les coraux
    Les poissons perroquets, les poissons anges, des limaces, des crabes et certains gros Bernards l'ermites adultes et affamés font avec plaisir un festin des coraux.

    Ecole Rochopt, Boussy Saint Antoine,
    Mars 2010

  • 39 - Existe-t-il des espèces de coraux qui ne stressent pas quand la température de l'eau dépasse les 30°C ?

    Les coraux
    Les coraux se trouvent généralement dans les mers chaudes soit entre 22 et 28 °C. Le stress des coraux peut avoir diverses causes, dont par exemple : l'augmentation ou la baisse des températures, l’augmentation des UV B dans l'irradiance solaire, l’augmentation de l’acidité de l'eau, due à une acidification des océans et l’augmentation de la densité dans l’eau de mer de produits potentiellement toxiques pour les coraux.

    Ecole Rochopt, Boussy Saint Antoine,
    Mars 2010

  • 40 - D'où viennent les couleurs des coraux ?

    Les coraux
    La couleur des coraux est un mélange des colorants produits par les polypes de corail et des pigments végétaux contenus dans l'alliage unicellulaire qui vivent dans les polypes.
    Le polype est le résultat de la rencontre d’un spermatozoïde et d’un ovule, c'est le stade assexué du corail.

    Ecole Rochopt, Boussy Saint Antoine,
    Mars 2010
  • 41 - Comment font-ils pour s'étendre et se développer ?

    Les coraux
    Ils déposent un squelette dur au-dessous des polypes vivants. Pendant que le polype se développe, le corail continue encore à grandir derrière ce squelette. Les polypes peuvent bourgeonner, et ainsi faire leur squelette tout en formant des colonies.

    Ecole Rochopt, Boussy Saint Antoine,
    Mars 2010

  • 42 - Que faîtes-vous comme recherches sur les coraux ? Allez-vous en ramener ?

    Les coraux

    De nombreuses études sont menées à l’occasion de chacune des missions « corail », j’en citerai les principales, mais n’hésitez pas à redemander s’il y a besoin de détailler un peu plus.

    Les « legs coraux » sont des étapes d’environ 2 semaines où Tara vadrouille de récif corallien en récif corallien afin de permettre aux « biologistes marins » du bord de plonger dessus. 3 sont prévus lors de cette 1ère année d’expédition et pour l’instant seul Djibouti est terminé.

    Les « legs » ont été sélectionné essentiellement par le fait que les récifs sont peu ou pas connus du tout dans ces zones ; et souvent de part le manque d’accessibilité dont Tara s‘affranchit ici.

    Tout comme pour le plancton, l’idée est de faire un grand inventaire des espèces présentes sur les sites, d’évaluer la biomasse du corail sur zone tout en menant une étude d’un point de vue morphologique et génétique à la fois, photos à l’appui. On fait de la « systématique », dans le but de classifier les coraux. Ceci sera fait partout permettant de générer une grosse base de données à un instant « t » accessibles à tous et pouvant servir de comparatif pour le futur.

    On étudie également :

    - si la croissance des coraux est en ralentissement (dû à l’acidification des océans, et donc entre autre du CO2 -dont l’homme peut être à l’origine-)

    - l’acidité des dizaines d’années passées de la mer (via l’étude du bore, marqueur du pH présent dans le corail)

    - les tissus du corail pour trouver et comprendre comment un type de protéine spécifique permet au corail de se construire (calcification)

    - le blanchiment du corail (lié au réchauffement des océans) et plus particulièrement la capacité que certains coraux ont l’air de développer pour s’adapter à ce réchauffement

    - les bactéries liées au corail (bactéries différentes de celles que l’on rencontre en pleine mer et que nous récoltons lors des stations océano’) puisqu’il semblerait qu’à chaque espèce de corail est lié un type de bactérie particulier.

    - la faune et flore environnantes afin de voir les interactions entre le développement (ou non) du corail et son écosystème (si le corail meurt, l’écosystème aussi ? lequel influe sur l’autre ?) et d’évaluer la bioérosion générer par ce dernier (est ce que l’érosion est inférieure, égale ou plus importante par rapport à la vitesse de croissance du corail ?)

    - des sédiments récupérés au fond de l’eau qui au travers des micro-organismes retrouvés permettront à des paléontologues d’étudier le climat.

    Dans le cas du leg corail de Djibouti, plus de 900 échantillons de coraux ont été récupérés et envoyés aux laboratoires aux quatre coins de la planète ; en revanche, à titre personnel nous n’avons pas le droit d’en conserver pour nous ; le corail est une espèce protégée!


    Collège,
    Février 2010

  • 43 - Les coraux sont-ils en train de disparaître partout ou seulement dans la mer rouge ? Pour quelle raison ?

    Les coraux

    Les récifs sont en train de disparaître un peu partout (pas juste en Mer Rouge) à cause de l'augmentation de température des eaux de surface et à cause du CO2 émis dans l'atmosphère par les activités de l'homme.

    D’autres raisons à cela : la surpêche, le tourisme de masse, les constructions à partir de squelettes de coraux, ...

    Un paradoxe en revanche est celui de Djibouti puisque nous avons pu comparer l’état des récifs par rapport à des observations passées effectuées par David Obura, un biologiste marin du bord venu 20ans auparavant. Les récifs sont particulièrement bien conservés et mieux que ça : on a observé une occupation par le corail de près de 80% de ces derniers alors qu’en général un récif en bon état approche plutôt une moyenne de 50%.

    On a pu aussi voir en parallèle une faune assez abondante dont des poissons de taille particulièrement conséquente. Tout est lié.

     

    Collège,
    Février 2010

     

  • 44 - Peut-on reconnaître le sexe d'un corail ?

    Les coraux
    Pas facilement. La première option, si vous êtes patient, c’est de les observer se reproduire la nuit (chaque espèces a une synchronisation différente dans différentes régions du monde). Certains sont masculins, d’autres sont féminins et quelques-uns ont les deux sexes. La deuxième option est de les tuer et de faire une dissection des tissus mous.

    Ecole Rochopt, Boussy Saint Antoine,
    Mars 2010
  • 45 - Certaines algues autres que les zooxantelles pourraient - elles vivre en symbiose avec les coraux ?

    Les coraux
    De nombreux coraux vivent en symbiose avec des végétaux unicellulaires : les zooxanthelles dans les mers chaudes ou d'autres espèces de phytoplancton dans les mers froides.
    La symbiose est une association intime et durable entre deux organismes.

    Ecole Rochopt, Boussy Saint Antoine,
    Mars 2010

  • 46 - Peuvent-ils mourir de vieillesse ?

    Les coraux
    Lorsque le corail perd ses zooxanthelles, il devient très affaibli et ne peut pas compenser totalement avec les apports en consommation de plancton, ce dernier étant rare dans les mers chaudes.
    Si les zooxanthelles ne reviennent pas dans les tissus du corail, ce dernier finit par mourir de faim ou de maladie.

    Ecole Rochopt, Boussy Saint Antoine,
    Mars 2010

La science à bord

  • 47 - Quelle est la plus grande découverte ?

    La science à bord

    C’est trop tôt pour répondre à la question. Sur les 143 stations réalisées jusqu'à maintenant, seulement 35 ont été analysées. On découvre une très grande diversité notamment de bactéries, de virus et de virus géants.

    Après toutes les analyses qui prendront sans doute plus de 10 ans, on comprendra mieux comment fonctionne la vie planctonique dans l'océan. On comprendra mieux aussi les relations du plancton avec le climat de notre planète.


    Réponse récoltée par Catherine Chabaud à bord de Tara pour les CE2/CM1 de l'école Saint-Louis de Bécon-les-Granits dans le Maine-et-Loire.

  • 48 - Comment fonctionne une bouteille de prélèvement d'eau de mer ?

    La science à bord

    C’est assez simple ; ce type de bouteille dite de « Niskin » a 2 ouvertures : une au-dessus et une autre en bas sous la bouteille. 2 bouchons reliés par un élastique sous tension sont maintenus près à se refermer sur chacune des 2 ouvertures. Dès que l’élastique est relâché ils se ferment.

    Le principe est de descendre la bouteille maintenue ouverte à la profondeur où nous voulons récupérer l’échantillon d’eau de mer. Une fois la profondeur atteinte, l’élastique est relâché, fermant la bouteille jusqu’à sa remontée en surface. Sortie de l’eau la bouteille est alors vidée par un robinet et l’échantillon récupéré.

    Deux possibilités pour déclencher la fermeture de la bouteille en profondeur. Si la bouteille est montée sur la rosette, c’est cette dernière qui (après avoir été programmée par ordinateur) relâchera l’élastique à la profondeur désirée. Sans cela la bouteille peut être directement descendue accrochée au bout du câble du treuil océanographique ; une fois la profondeur atteinte, on fixe au câble un poids qu’on laisse glisser le long et qui percute la bouteille, la fermant (on n’utilise généralement pas ce système à bord).

    En suivant ce dernier principe, on peut descendre plusieurs bouteilles en même temps ainsi fixées les unes en dessous des autres, séparées de quelques dizaines de mètres chacune ; puis lancer le poids en question qui percutera la bouteille la plus haute, et ainsi de suite, toutes les suivantes.

     

    Ecole,
    Février 2010
  • 49 - Quelles sont les principales expériences ou mesures que vous effectuez ?

    La science à bord
    Elles sont nombreuses et j’en oublie peut être !

    - prélèvements ponctuels d’eau de mer par pompe péristaltique (surface ou profondeur) ou par bouteille ‘niskin’ (rosette)
    - chalutage de filets à plancton (en surface ou en profondeur) ou du « multinet » (grande profondeur)
    - mesures ponctuelles de pression, salinité, température, densité, turbidité, fluorescence, chlorophylle, azote, oxygène, nitrate, et potentiel de transmission de la lumière de l’eau de mer via la sonde « CTD » et capteurs associés sur la rosette
    - mesure ponctuelle du rayonnement solaire dans l’air et l’eau par l’envoi de la bouée « TSRB »
    - appréciation de la visibilité dans l’eau par utilisation d’un disque « Secchi »
    - les « gliders » (ces robots sous marins utilisés une fois pour suivre le gyre de Chypre)
    - mesures permanentes en surface par des capteurs sous la coque de température et salinité (via le « TSG »), fluorescence, chlorophylle et intensité de la photosynthèse (via le « FRRF »), et de la répartition des particules en suspension dans l’eau en fonction de leur taille (via l’ « ACS »)
    - visualisation et dénombrement permanents des particules en surface via la « flowcam » relié au « SeaFlow »
    - photographies du plancton lors de l’utilisation de la rosette, via l’ « UVP » (profiler de vision sous-marine)
    - visualisation (si désiré) d’échantillons via les microscopes et équipements d’imagerie du bord (dont le « SPIM »)

    Et plein d’autres petites expériences effectuées parfois par les biologistes du bord... (comme voir l’évolution d’un type de plancton en fonction du milieu de culture dans lequel il baigne).

     

    Collège,
    Février 2010
  • 50 - Mesurez-vous les courants marins et comment faites-vous dans un bateau en marche ?

    La science à bord
    Vaste sujet. La réponse succincte serait de dire « non », nous n’avons pas d’instrument qui mesure les « courants marins » à bord de Tara. Cela ne fait pas partie des objectifs de la mission mais l’estimation des courants marins est essentielle à nos travaux de recherche, entre autre pour localiser nos sites d’échantillonnages.

    En revanche, par le biais de la rosette du bord, il serait possible de calculer les courants « géostrophiques » de l’océan (courants engendrés par la rotation de la Terre, comme pour les masses d’air) par le biais des données de température et de densité de l’eau de mer récupérées lors de stations régulières.
    Sans cela, dans le monde merveilleux de l’océanographie, Il existe un équipement spécifiquement utilisé dans ce but appelé « ADCP » (Acoustic Doppler Current Profiler), permettant de mesurer par effet doppler la vitesse et la direction des différentes masses d’eau de la surface jusqu’à plusieurs centaines de mètres. Malheureusement nous n’avons pas cet instrument à bord de Tara.

    Nous avons donc recours à divers moyens pour estimer les courants marins. Nous pouvons estimer les courants en observant leurs effets sur la vitesse et le cap du navire; en effet un courant pourra nous ralentir (et inv.) et/ou modifier notre route. Il faut savoir les interpréter pour corriger notre trajectoire mais aussi pour localiser les tourbillons, les jets et même les zones calmes qui intéressent l’équipe scientifique.

    Il faut tout d’abord savoir qu’un navire est soumis à toutes sortes de courants : un courant de surface (dû au vent) ; un courant de marée (dû à la marée qui monte et descend successivement) et enfin au courants marins issus de la circulation générale des masses d’eau.

    Ce qui nous intéressera sera d’avoir une idée globale de l’action conjuguée de tous les courants à la fois sur le navire pour évaluer notre dérive.

    Un moyen rapide d’évaluer la situation sur zone (et particulièrement à l’entrée d’un chenal) est de saisir au moyen du radar un point fixe comme par exemple une bouée de surface. Ce dernier permettra de dire si la bouée dérive par rapport à son point d’ancrage et de déduire le courant.

    Un autre moyen rapide est de regarder les valeurs respectives instantanées de notre « route fond » (route faite par le navire par rapport au fond de la mer) et du « cap vrai» (direction vers laquelle le nez du navire pointe).

    Enfin, on peut préparer bien à l’avance son trajet et estimer le courant du parcours (dans la mesure où les conditions météorologiques ne deviennent pas désastreuses) en se référant à un document nautique anglais intitulé « pilot charts » ; ce dernier donne (entre autre) en fonction de la zone géographique traversée et de la période de l’année, les conditions de vents et courants susceptibles d’être rencontrés.

    Note : notre but lors des stations océano est de tenter de prélever des échantillons et effectuer des mesures dans la même masse d’eau durant tout le long de la station. Ce qui est d’autant plus délicat à faire sur une station longue (15h à présent) puisque celle-ci bouge et nous mêmes dérivons en parallèle (et pas forcément avec la masse d’eau). De ce fait, au début de toutes nos dernières stations, nous avons mis à l’eau une bouée flottante dérivante afin de visualiser le mouvement de la masse d’eau au fil du temps et nous repositionner dessus si besoin. Un autre moyen d’évaluer le courant marin...

     

    Lycée,
    Février 2010

     

  • 51 - Le plancton a-t-il une importance dans vos mesures ? Si oui, comment ?

    La science à bord
    Oui, et c’est le moins que l’on puisse dire ! Si nous devions résumer en une phrase l’objectif principal de l’expédition, ce serait : « étude de la biodiversité du plancton marin aux quatre coins de la planète».

    Nous faisons en quelques sortes un inventaire du plancton autour du monde en décrivant leur taille, leur morphologie, leur taxonomie, leur génome, leur abondance, et leur environnement. Cet inventaire à un temps « t » constituera une base de données importante mise à disposition des scientifiques actuels et des générations futures.

    L’expédition est unique en cela car c’est la première à faire un état des lieux de l’ensemble des mers du globe. On citera toutefois le « Challenger » (1860) qui le premier s’était lancé dans une conquête plus ou moins similaire mais plus généraliste (réalisant des sondages, prenant des échantillons d’eau de mer, capturant des poissons, ...).

    La mission est également révolutionnaire en notre époque, car utilisant des techniques et équipements (dont certains sont mêmes des prototypes !) scientifiques pointus du domaine de la « biologie moléculaire » ; ce qui n’avait pas été fait avant.

    L’idée est d’étudier le plancton en intégrant notre connaissance de leur aspect morphologique (visuel) et génétique (séquences d’ADN) ; c’est la grande nouveauté. Les biologistes marins sont là dans cet objectif ; après l’avoir récolté au moyen de filets ou de bouteilles de « niskin », il sera dénombré, observé par microscope, et inventorié génétiquement. On se rendra alors peut être compte (du point de vue « génomique ») que certaines espèces de plancton devraient plutôt être classées dans telle famille que dans telle autre... voir même découvrirons-nous de nouvelles espèces ?! L’un des autres défis de cette expédition...

    En parallèle, et comme il est difficile d’étudier un organisme vivant hors de son écosystème, nous faisons des relevés des données physico-chimiques de l’eau de mer au lieu des stations océanographiques lors des prélèvements de plancton. Pour se faire, nous utilisons entre autre une sonde « CTD » (mesurant la conductivité, température et profondeur) ainsi qu’une ribambelle d’autres capteurs (dont certains optiques) reliés à cette dernière (donnant des informations sur le carbone dissous, la fluorescence, les nitrate, ...). Le tout est fixé sur la « rosette ». Les océanographes sont en charge de cette étude.

     

    Lycée,
    Février 2010

     

  • 52 - Utilisez vous des images satellitales pour trouver des colonies (sic) marines ?

    La science à bord
    Nous utilisons généralement 2 types de cartes satellites afin de mettre en évidence des zones contrastées en matière de concentration en plancton. Nos stations océano’ sont déterminées en fonction de cela : on cherchera à alterner zone à forte et faible concentration en plancton, afin d’étudier des écosystèmes radicalement différents.

    Pour préparer ces stations nous recevons ainsi régulièrement des cartes satellites de 2 types :
    - des cartes altimétriques
    - des cartes de concentration en chlorophylle

    Les cartes altimétriques, mettent en valeur les courbes de niveaux de l’océan ; on peut y lire « l’altitude » de phénomènes locaux ; en effet, en une zone précise, en fonction de courants à mouvements ascendants ou descendants, le niveau de la mer aura tendance à s’élever ou s’enfoncer d’une petite 10aine de centimètres ; néanmoins suffisante pour y déceler par satellite un courant associé. On distinguera les « upwelling » (remontée d’eau froide du fond, généralement riche en nutriments) des « downwelling » (descente d’eau chaude, généralement plus pauvre).
    On sait par ailleurs que le phytoplancton, pour se développer, nécessite de la lumière et des nutriments (sels nutritifs) ; tel une plante. Le soleil ne pénétrant pas à grande profondeur, ces 2 conditions ne peuvent être réunies qu’à proximité de la surface (quelques dizaines de mètres).
    On peut donc penser qu’associer à un upwelling on aura en surface un développement accru de phytoplancton (et respectivement moindre dans le cas d’un downwelling) ; c’est en partie le cas, mais viennent s’ajouter à cela d’autres paramètres qui viennent compliquer la chose (tels les nutriments qui ne remontent pas jusqu’à la surface dans le cas d’un upwelling, ou le phytoplancton déjà présent aux environs d’un downwelling qui se retrouve aspiré par ce dernier...).
    A ce titre, associées aux cartes altimétriques, nous tirerons les informations complémentaires nécessaires des cartes de concentration en chlorophylle (de surface). En effet, qui dit phytoplancton dit photosynthèse et chlorophylle. Certains satellites permettent ainsi de mesurer en surface (et jusqu’à une 20aine de mètres de profondeur) la concentration en chlorophylle présente (et du fait d’avoir une idée de la présence en plancton sur zone). Seul bémol, au delà de 20m, nous n’avons plus de données ; il faut donc se rendre sur zone et mesurer par nous mêmes (d’où l’intérêt préliminaire de la carte satellite d’altimétrie).

     

    Lycée,
    Février 2010

     


L'expédition

  • 53 - Combien de temps dure cette expédition ?

    L'expédition

    L’étape à laquelle je participe entre Savannah (Georgie) et New-York dure dix jours, mais toute l’expédition dure deux ans et demi. Elle est partie de Lorient en septembre 2009 et arrivera à Lorient le 31 mars 2012. Entre temps, le bateau est passé par la Méditerranée, l’Océan Indien (via le canal de Suez), l’Atlantique sud, la Péninsule Antarctique, le Pacifique, le golfe du Mexique (après avoir passé le canal de Panama) et l’Atlantique Nord. Regardez sur un globe et sur le site de Tara Océans où le parcours est tracé. Cliquez ici


    Réponse récoltée par Catherine Chabaud à bord de Tara pour les CE2/CM1 de l'école Saint-Louis de Bécon-les-Granits dans le Maine-et-Loire.

  • 54 - Lors de vos escales dans divers pays au cours de votre expédition, comment prévoyez-vous de soutenir les entreprises locales qui utilisent le commerce équitable et qui vendent les produits biologiques ?

    L'expédition

    Pour l’avitaillement de Tara, nous privilégions l’achat de produits locaux par le biais de filières courtes.

    Le cuisinier du bord pourra donc profiter des escales pour faire ses achats dans les marchés locaux, qui sont souvent hauts en couleur.

    Par ailleurs, les produits locaux sont généralement disponibles dans des filières courtes, dont les marchés avec des ventes directes du producteur au consommateur, sont le meilleur exemple. Le fait que la filière soit courte, c’est-à-dire qu’il y ait peu d’intermédiaires entre le producteur et le consommateur, agit directement sur le prix qui sera en général moins élevé.

    En effet, il y a moins d’étapes et de personnes à rémunérer en chemin. Les produits locaux seront en général moins chers que les produits ordinaires.

    Pour l’avitaillement en fruits et légumes de Tara, le cuisinier préfèrera toujours les produits de saison aux produits « exotiques ». Les raisons en sont les suivantes : Les produits de saison sont souvent des produits locaux dont on a vu les avantages. Les petits producteurs locaux participent davantage au maintien de la biodiversité, en conservant une diversité de leurs cultures et en favorisant des semences anciennes de qualité. En plus, le goût est souvent meilleur ! Les produits locaux sont plus « équitables » car on peut supposer que l’agriculteur local a obtenu une rémunération plus juste pour son produit, surtout si c’est lui qui vous le vend…

    Les produits qui ne sont pas de saison sont souvent importés et ont donc un impact carbone important. S’ils sont importés, il se peut que cette exportation se fasse au détriment des populations locales, et dans des conditions de travail difficiles et sans contrôle des produits fertilisants et pesticides utilisés.

    Enfin, à bord, les choix des produits frais doivent aussi tenir compte de leur résistance et parfois nous sommes obligés de faire appelle à des avitailleurs (Personnels logistiques du port en charge d’avitailler les navires en diverses marchandises alimentation, matériels techniques…).

    Dans ce cas, nous lui communiquons nos listes de vivre mais nous avons peu de visibilité sur le choix des produits et leurs provenances, car ils ont souvent le souhait de nous satisfaire sans se soucier des saisons et du commerce équitable.

    Pour aller plus loin consulter la fiche thématique L’alimentation à bord.

     

    Ecole Lisgar Collegiate Institute Ottawa, Ontario, Canada,
    Avril 2010

  • 55 - Quelle escale et donc quel pays avez-vous préféré ?

    L'expédition

    Je n’ai pour l’instant pas eu l’occasion de faire beaucoup d’escales, donc je peux difficilement comparer ; néanmoins s’il y en a une qui m’a plus marqué pour le moment, c’est bien Djibouti. Parce que pour une part c’était un premier aperçu de l’Afrique, mais aussi parce que c’était une escale un peu particulière puisque commençait alors la 1ère mission « corail ». Soit 2 bonnes semaines à sillonner les côtes Djiboutiennes à se retrouver dans des coins perdus près de plages et reliefs pour étudier les récifs.

    Et puis parce que ce fut l’occasion aussi d’aller à la rencontre des populations locales ainsi qu’à la découverte de la flore et faune sous-marine (souvenir impérissable en compagnie des requins baleine...).

     

    Ecole,
    Février 2010

Divers

  • 56 - Que ferez-vous si vous croisiez des pirates ?

    Divers

    Ah, cette question je l’aurai entendu de nombreuses fois !! le bateau n’était même pas encore parti de Lorient que les gens venant observer la carte du parcours de Tara avaient en général comme première réaction : « mais, vous n’avez pas peur de tomber sur des pirates ? ».

    Le premier point est surtout de tenter d’éviter une telle rencontre dans la mesure du possible : dans cette optique et à l’approche des zones particulièrement sensibles nous évitons de communiquer nos dates de passages, et de donner des renseignements sur le nombre de personnes à bord, notre position,... . Il nous est également arrivé de naviguer tous feux éteints (comme au passage du détroit de « Bab El Mandeb ») et d’effectuer une veille particulièrement attentive dans ces coins là : visuellement aux jumelles et en jouant sans cesse avec les réglages du radar (à la recherche de petits échos pouvant se déplacer à vive allure). En cas de doute si l’on pense être suivi, on manœuvre clairement et largement vers un autre cap pour vérifier.

    Le souci ensuite est de savoir « reconnaitre » un bateau pirate ; en effet le long des côtes, rien ne ressemble plus à un « bateau pirate » qu’un petit bateau de pêche : ceux-ci sont petits, au raz de l’eau et super motorisés. J’en ai d’ailleurs fait l’expérience de quart à la passerelle lors du passage du détroit « d’Ormuz » (entre Oman et l’Iran) où par 2 fois des « skiffs » indétectables au radar ont surgis de nulle part et ont fondu sur nous en quelques minutes. Certains sont passés à pleine vitesse juste sur l’avant de notre étrave, quant aux autres ils sont carrément venus se positionner le long de notre coque à nous observer quelques instants. Petit coup d’adrénaline à chaque fois et juste le temps de faire rentrer tout le monde à l’intérieur avant de réveiller le capitaine ; on se rend compte que cela se déroule rapidement et qu’il faut alors agir très vite ; d’autant que Tara est assez accessible de par son faible franc-bord et sa petite vitesse.

    Enfin, dans le cas où des pirates seraient clairement identifiés, nous avons plusieurs moyens de communication de détresse d’urgence (radio, téléphone, mails) et savons de par les expériences de piraterie passées qu’il faut alors essayer de rester grouper, privilégier la communication via « un » interlocuteur, et surtout ne pas tenter d’acte héroïque.

    A priori plus de soucis à présent puisque nous sommes sortis de la zone particulièrement sensible.


    Ecole,
    Février 2010
  • 57 - Avez-vous déjà trouvé des réponses aux questions scientifiques que vous vous posez ?

    Divers

    Oui et non ; nous avons pu dégager des grandes tendances en fonction des zones océaniques traversées (l’évolution de la salinité et du pH, la présence d’une importante biomasse de phytoplancton ou de « blooms », etc...) ; mais ce ne sera qu’après avoir décortiqué les nombreuses données provenant des mesures et suite au retour des laboratoires concernant les échantillons que nous pourrons réellement rentrer dans les détails.

     

    Collège,
    Février 2010

    Â